Pyrénées-Orientales:Innovation, Solecooler a choisi un start-up studio pour se préparer à conquérir le monde.
Bruno Aubert, fondateur et CEO de Solecooler. (Solecooler)
Ses semelles promettent de révolutionner le bien-être des sportifs, des travailleurs et des patients diabétiques. Solecooler est conseillé par un start-up studio pour développer son innovation au potentiel mondial.
Solecooler, la semelle chauffante et rafraîchissante, a emballé les investisseurs. Au total, la start-up a déjà réuni plus de 300.000 euros lors de deux tours de table, en 2023 et 2024, menés par le fond de venture capital Sfine, le start-up studio Inext, ainsi que plusieurs associés en nom propre de Sfine et Inext. Derrière ces deux véhicules de financement, on trouve Eric Valat, un seul et même entrepreneur et business angel, bien décidé à propulser cette innovation sur le marché mondial.
Solecooler a sollicité Sfine pour son premier financement. « Nous avons été d’emblée séduits par le projet inédit de cette société à mission, qui oeuvre pour le bien des hommes, avec des prospects de marché colossaux. Inext a suivi pour un meilleur accompagnement », relate Eric Valat.
Un marché mondial
Créée en janvier 2019 par Bruno Aubert à Perpignan (Pyrénées-Orientales), la start-up est une JEI (jeune entreprise innovante) . Elle propose des semelles chauffantes et rafraîchissantes, les Climfeet, ainsi que des semelles connectées pour prévenir le risque d’ulcères, les Warnfeet, destinées aux diabétiques à neuropathie.
Les premières s’adressent au marché des sportifs et des travailleurs exposés à des températures difficiles. Elles fonctionnent sans batterie, selon un principe d’échange d’air entre les deux faces, l’une froide dotée d’alvéoles compressibles hémisphériques, l’autre chaude d’alvéoles moins compressibles hexagonales.
Les ventes démarrent sur internet sur le site de la start-up et via Amazon dans vingt-trois pays différents. Solecooler emploie cinq salariés et a réalisé avec ce seul produit 50.000 euros de chiffre d’affaires en 2024 dont 50 % à l’export.
Les secondes semelles, encore en recherche et développement, sont destinées au marché médical. « Il y a plus de 500 millions de diabétiques dans le monde dont la moitié à neuropathie. Or la neuropathie diabétique entraîne une baisse de sensibilité du pied. Ceci se traduit par cinquante millions d’ulcères et vingt millions d’amputations par an dans le monde », présente Bruno Aubert.
Protéger ses innovations
Ancien ingénieur de l’Ecole nationale supérieure de céramique industrielle, l’entrepreneur n’en est pas à son coup d’essai en matière de projets. « J’ai déjà créé deux boîtes innovantes, Occigerm et Cairpol revendue depuis. Et si j’ai retenu quelque chose de ses deux expériences, c’est qu’il faut protéger ses innovations. Cela m’a joué des tours pour la première », confie-t-il.
Ses deux semelles, Climfeet et Warnfeet, ont donc fait l’objet de dépôt de brevets. « Une innovation de rupture n’a d’intérêt pour les investisseurs que si votre entreprise en détient la propriété intellectuelle », conseille-t-il. Les Climfeet ont donc fait l’objet d’une procédure mondiale de dépôt de brevet pour laquelle Bruno Aubert n’a choisi les pays que dix-huit mois plus tard. « Le brevet, obtenu en juin 2024, nous protège au Brésil, en Europe, en Chine, au Japon, en Inde, en Russie et aux Etats-Unis, pays où il y a le plus d’achats de semelles de confort », décrit-il.
La demande de brevet pour la deuxième semelle est encore en cours d’instruction. Le Mexique et la Turquie ont été ajoutés à la liste des pays du premier brevet car « la prévalence du diabète y est de l’ordre de 25 % », indique Bruno Aubert.
Des unités de production à l’étranger en projet
Solecooler envisage un développement international, pour atteindre la part de 90 % de son chiffre d’affaires d’ici à 2026. « Nous avons déjà ouvert un bureau à San Diego, avec l’aide de la Chambre de commerce franco-américaine sur place, rencontrée lors de la préparation de notre premier CES à Las Vegas il y a un an et demi », indique Bruno Aubert. La Climfeet est aujourd’hui fabriquée en Chine mais Solecooler cherche à bâtir des unités de production en France, près de son siège social de Perpignan, et aux Etats-Unis.
« Pour ce projet industriel américain, nous nous appuierons sur le programme SelectUSA qui propose des subventions importantes, jusqu’à 500.000 dollars, pour les projets d’implantation aux Etats-Unis », souligne Bruno Aubert. Pour financer les derniers essais cliniques de ses semelles médicales et la mise en place de ses nouveaux centres de production, Solecooler prépare une nouvelle levée de fonds, de 5 millions d’euros pour objectif.
Pourquoi se faire accompagner par un start-up studio ?
Dans la pratique, un contrat est signé avec la start-up qui prévoit une rétrocession de 5 % de l’investissement pour bénéficier d’heures gratuites d’experts, répartis dans toute la France. Solecooler a ainsi profité de compétences juridiques pour mettre au point des contrats de cession des brevets entre le dirigeant et la société, de compétences en matière de stratégie de développement et de compétences techniques pour la conception électronique de ses Warnfeet, grâce à l’expertise d’un ancien directeur scientifique de Thales.
Quant à Sfine, c’est un véhicule d’investissement qui rassemble des business angels intéressés par les avantages fiscaux des investissements dans les start-up, qui plus est innovantes. Le fonds n’intervient auprès des entreprises que sur le plan stratégique. Eric Valat qui en est membre a senti le besoin de mieux accompagner les start-up au niveau opérationnel, de les aider, de les mettre en relation avec un réseau d’experts et de partager avec elles son expérience d’entrepreneur investisseur.
source: https://entrepreneurs.lesechos.fr/creation-entreprise/reseaux-accompagnement/innovation-solecooler-a-choisi-un-start-up-studio-pour-se-preparer-a-conquerir-le-monde-2166802



