10 avril 2020 Commentaires fermés

Smart city : la ville du futur sera durable et plus verte

Face à des métropoles devenant megalopoles, comment résoudre la problématique de loger les populations, optimiser les déplacements, fournir des équipements performants et préserver un cadre vivable ? La création de « cité idéale » n’est pas une ambition nouvelle, mais elle se conjuguera en vert dans le futur : jardins suspendus et façades vegetalisées, réserves foncières destinées à l’agriculture urbaine ou de la forêt, en sont des signes notables. La smart city durable est en marche et quantité d’éco-innovations émergent.

Qu’est ce que la smart city ?

La ville intelligente découle de l’expression anglaise smart city. Elle consiste à intégrer l’ensemble des technologies de l’information et de communication (TIC), le digital, afin de fluidifier les éléments clés qui caractérisent nos villes. Data, intelligence artificielle ou encore capteurs, objets connectés, réseaux intelligents et communicants sont devenus le quotidien. Ces technologies sont mises au service de la ville d’aujourd’hui, notamment pour son organisation, ses équipements collectifs, sa consommation d’énergie, ses bâtiments et constructions, les déplacements, la vie quotidienne et travail, les loisirs, etc.

 

 

Faciliter la mobilité urbaine, créer des coulées vertes, comme ici, à Reims, au cœur de l'espace urbain. © rh2010, Adobe Stock

 

Autrement dit, il s’agit de connecter et de « monitorer » en direct la ville afin d’en faciliter l’organisation, d’en améliorer le fonctionnement et de créer de nouveaux usages pour les citoyens, entreprises, services publics, etc. Face à cette « ville intelligente » multidimensionnelle – technologique, écologique, sociale, sociétale, économique, etc. -, l’Union européenne a fait de la création d’un écosystème smart city l’une de ses priorités fortes.

Toute ville créée ex-nihilo ou décidée à muter en smart city se transforme alors en un laboratoire à taille réelle. Objectif ? Expérimenter de nouvelles pistes pour organiser ou imaginer la vie urbaine de demain. Acteurs publics et acteurs privés co-construisent bien souvent cette approche et des briques de solutions, alors que le marché mondial de la smart city est estimé à 400 milliards de dollars par an ! Partout le mouvement est lancé, du plan des « 500 éco-villes » en Chine (lancé en 2015) en passant par les 140 smart cities moteur de la croissance indienne (lancé en 2014).

 

Quand la ville intelligente rime avec développement durable

Travailler à améliorer la qualité de vie des habitants, sans impacter l’environnement, est un défi. Pourtant, il s’agit du critère qui anime acteurs – décideurs – usagers de la ville durable. C’est un fait : bien des villes en mutation s’orientent vers un modèle urbain de développement où le « smart » rencontre le durable : la ville du futur ne sera pas une simple ville digitalisée ou « technologiquement avancée », mais ancrée dans le développement durable. Ce dernier s’applique déjà à bien des domaines urbains, comme par exemple :

  • la gestion différenciée des déchets via des capteurs ;
  • les mobilités douces et l’élasticité des réseaux de transports via l’IA ;
  • les consommations d’énergie via les smart grid ;
  • le bâti plus vertueux via des labels, les biomatériaux et de nouveaux outils type BIM (acronyme pour bâti immobilier modélisé ou Building Information Modeling)

 

Protection de leur territoire, réponses aux attentes sociales et atteintes des objectifs du développement durable (comme l’Agenda 2030) guident de plus en plus les prescriptions des acteurs publics en matière urbaine. La notion d’empreinte carbone, d’économie circulaire et de développement raisonné gagnent les cercles de décision.

Si l’on prend l’exemple du développement de réseaux de transport intelligents, plusieurs finalités sont poursuivies (fluidité, multimodalité, disponibilité) pour que les usagers améliorent leur expérience quotidienne et leur usage. Mais l’éco-efficience de ces réseaux motive tout autant les décideurs face aux gains générés (moindre pollution de l’air, trajets individuels « épargnés », etc.).

Les acteurs privés s’adaptent à ces enjeux de développement durable, et peuvent en être à l’initiative. Notre dernier article Villes intelligentes : à quoi ressembleront les villes du futur ? en donne des exemples.

Dans ce contexte, la responsabilité sociétale pèse davantage dans le montage des projets urbains. Avec elle, c’est la volonté d’impliquer, faire collaborer les habitants qui s’impose. En une dizaine d’années, le développement durable est devenu une matrice majeure du développement urbain « smart ». 

Pourquoi et comment la smart city va-t-elle être plus verte ?

L’adoption de sources d’énergies renouvelables est un pré-requis incontournable, lorsque l’on évoque la ville intelligente et les projets urbains actuels, qu’il s’agisse de ville entière ou de nouveaux quartiers. Solaire, géothermie, biomasse, hydrogène sont parties prenantes de la transition énergétique poussée par la smart city. Les notions de coproduction avec les habitants (sur leurs logements, par exemple), d’autoconsommation locale ou encore de réutilisation d’énergie produite (dans un réseau de chaleur par exemple) sont quelques-unes les solutions déployées. Dans l’un de ses focus récents paru en 2019, le cabinet Deloitte évoque les liens étroits entre problématique énergétique, environnement et ville intelligente.

Mais la smart city plus verte consiste aussi à s’appuyer sur les arbres et la vegétation, en créant ou préservant des corridors verts, forêts urbaines et espaces naturels en nombre, au cœur de l’espace urbain. L’apport de la nature et la défense de la biodiversité ont un impact positif direct sur le cadre de vie. Mais ce sont aussi leurs effets induits qui sont recherchés. Et ils sont nombreux, comme lutter contre la pollution de l’air, atténuer les îlots de chaleur et réguler les températures, préserver l’équilibre écologique des écosystèmes, préserver et mieux stocker les ressources naturelles, comme l’eau.

L’atténuation des effets du changement climatique actuel, mais aussi ses conséquences (comme la sécheresse) passe donc par une ville intelligente plus verte. Plus globalement, penser la ville durable nécessite de savoir comment maîtriser les ressources naturelles de base indispensables à la population, comme la nourrir en local (agriculture urbaine, nouvelles techniques agronomiques) et sécuriser son accès à l’eau (détection des fuites, automatisation, Reuse, etc.). La smart city durable se pense donc avec l’humain et son environnement au centre.

 

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-smart-city-ville-futur-sera-durable-plus-verte-80309/

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