3 avril 2020 Commentaires fermés

Les villes de demain ? Durables et intelligentes

Ville de demain

 

En 2050, selon une étude de l’ONU rendue publique en mai 2018, six milliards de personnes habiteront en zones urbaines, soit presque 70 % de la population mondiale. À quoi ressembleront les villes de demain ? Leurs tailles variables, leurs niveaux de développement hétérogènes, leurs politiques publiques et leurs comportements sociétaux spécifiques nous empêchent de les penser selon un modèle unique. Des tendances se dessinent toutefois, en lien avec les enjeux et les défis environnementaux et technologiques.

 

 

Au début du XIXe siècle, seule 2 % de la population mondiale vivait en milieu urbain. Un taux qui n’a cessé de croître depuis, conséquence de l’industrialisation du monde et de l’inflation démographique : 30 % en 1950, 54 % en 2015… Les projections montrent que d’ici 2050, ¾ de la population mondiale aura investi les villes. Près de 90 % de cette augmentation se concentrera en Asie et en Afrique : l’Inde, la Chine et le Nigeria représenteront ensemble 35 % de la croissance des villes entre 2018 et 2050. Une quarantaine de mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants, contre 28 villes de cette taille en 2015 : New Delhi prendra la première place sur le podium des villes les plus peuplées, devant Tokyo, Shanghai, Dacca, Le Caire…

 

À l’origine, la ville du futur est fille d’utopie. Elle n’existe qu’au travers la représentation idéalisée de son architecture, de son urbanisme, des lois qui la régissent, des us et coutumes de ses habitants. Avant les écrits de Platon, on trouve trace de la quête de la cité idéale dans les travaux de l’architecte Hippodamos, au Ve siècle avant J.-C., quand il reconstruit sa ville natale de Milet. À côté de ces villes rêvées, il y a celles qui demeurent encore, édifiées par les hommes, creusets et symboles de civilisations : Jéricho (9 000 ans avant J.-C.), Alep et Damas (4300 av. J.-C.).

 

En quelques centaines d’années, ce qui n’était que des communautés villageoises dynamiques et ingénieuses ont bâti un univers urbain, inventant un mode de vie, mais aussi une manière de voir le monde et de l’aménager.

 

Plus les villes se sont gonflées d’habitants, plus elles sont devenues le refuge de toutes les dérives et des dommages collatéraux du Progrès. Un imaginaire négatif de la ville a succédé aux utopies de l’Antiquité et de l’Humanisme. Terreau de tous les vices, conséquences de la promiscuité et des inégalités, elle semble peuplée de citadins perçus comme des animaux dénaturés se mouvant dans un univers pollué, malsain, morbide. Leur lot quotidien ? Le bruit, la saleté, l’air irrespirable, les virus et les microbes en libre circulation, les incivilités, l’individualisme…

 

À l’heure de la prise de conscience de l’urgence climatique – avec déjà un objectif de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici 2030, comme le rappelle l’initiative pédagogique Planète Énergies dans son dossier “Imaginer la ville du futur”-  de la précarité de notre planète et de ses ressources limitées, les villes de demain doivent se mettre au diapason du développement durable et de l’urbanisme écologique, au service de l’humain.

 

Des villes durables

Qui dit « ville durable » ne pense pas la ville de demain selon un modèle unique. Ses actualisations sont nombreuses : Ville-village ou ville compacte ? Ville verte ou ville minérale ? Ville post-carbone ou ville économe en énergie ? Ville clean tech ou ville rétro ?

Des approches différentes, parfois opposées, qui ont toutefois en commun d’être fondées sur deux tendances sous-jacentes : la lutte vitale contre le réchauffement climatique et le désir des citadins de se réapproprier et de partager l’espace urbain, dans l’optique du bien-être et du bien-vivre. Hausse de la température, élévation du niveau des mers, sécheresse ou précipitations diluviennes, tempêtes dévastatrices… les villes et les zones urbaines ne sont pas épargnées par les conséquences du changement climatique, elles qui occupent 2 % de la surface terrestre et produisent 80 % des émissions de gaz à effet de serre. La concentration exponentielle d’individus dans les villes amène les urbanistes à repenser leurs infrastructures, leurs habitats, les mobilités, la gestion des déchets dans le sens de la préservation des ressources et du respect de l’environnement.

 

 

 

Face à l’urgence, la production d’énergie propre et économe est au cœur des villes du futur. Immeubles à énergie positive, métropoles « vertes », éco-quartiers et maisons auto-construites…  après avoir été des modèles expérimentaux, ces différents types d’habitat sont désormais des incontournables de la ville de demain. Des « territoires » de différentes échelles qui s’autoproduisent à partir d’énergies renouvelables pour chauffer l’habitat, alimenter les équipements électriques, assurer la mobilité de ses habitants et soutenir une industrie de proximité. En même temps que la ville se densifie, les murs des villes se végétalisent, les friches industrielles deviennent des jardins, les « coulées vertes » irriguent l’espace urbain. Des fermes verticales sortent de terre pour alimenter les citadins et diminuer le coût énergétique du transport des denrées agricoles. Tout est pensé dans le but d’augmenter la capacité des zones urbaines à capter le CO2 et de réduire l’effet d’îlot de chaleur urbaine (ICU), l’équivalent, à l’échelle des villes, de l’effet de serre.

 

Des villes intelligentes

On reconnaît une « ville intelligente » à sa manière de mettre le  biomimétisme, les technologies avancées, les services de pointe et les big data au service du bien commun, de la préservation des ressources et du respect environnemental. Rien de nouveau dans ce concept d’origine anglo-saxonne : depuis quarante ans,  des mégalopoles asiatiques comme Hong-Kong ou Singapour, sont pionnières dans le domaine.

 

A Singapour, des arbres artificiels hauts de 18 à 50 mètres équipés de modérateurs de température, éclairent grâce à l’énergie solaire récoltée par des cellules photovoltaïques, collectent l’eau de pluie pour irriguer les plantations et alimenter les fontaines et, la nuit venue,  animent leurs auvent pour offrir à toute la ville un spectacle son et lumière féérique… 

 

Certaines villes de Corée du Sud et des  Émirats arabes unis sont conçues des laboratoires d’innovation hyper connectés.

 

Si, pour l’heure, les smart cities d’Europe demeurent plus modestes, les innovations ne manquent pas : poubelles intelligentes, lampadaires économes, parkings connectés, micro-stations environnementales fleurissent aux quatre coins de l’hexagone. Connexions entre les réseaux, collecte, croisement, traitement et exploitation des données, l’analyse et la valorisation des data permettent aux villes de se rendre maîtresse des leviers économiques, environnementaux, citoyens d’une ville durable où il fait bon vivre…

 

Si les données numériques sont aujourd’hui partout dans la gestion urbaine, c’est le citoyen qui reste l’acteur central des villes intelligentes. Les données collectées par les services numériques de l’administration, par les capteurs, par les systèmes de géolocalisation, par les enregistrements vidéo nécessitent de nouvelles régulations et législations pour assurer à la fois la gestion efficace des problématiques urbaines et le respect de la vie privée et de la liberté individuelle de chacun.

 

 

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/les-villes-de-demain-durables-et-intelligentes_142435

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