29 novembre 2019 Commentaires fermés

Jalil Benabdillah (Leader Occitanie) : « Aider les PME qui veulent partir à l’export »

Créateur en 1999 de la société SDTech, Jalil Benabdillah a fait partie de la quinzaine d'entreprises qui ont fondé le réseau Leader Occitanie en 2009.

 

Sa vocation est de soutenir les entreprises à fort potentiel de croissance : le réseau Leader Occitanie fête cette semaine ses 10 ans. Son président depuis 2015, Jalil Benabdillah, s’est appliqué à développer le maillage territorial du réseau, en local comme à l’international. Après le Maroc, Leader Occitanie vise l’Asie et les États-Unis, afin d’aider les PME à tenter leur chance à l’export.

 

 

Vous présidez Leader Occitanie, qui fête ses dix ans en ce mois de novembre. Quelle est la vocation de votre réseau ?

Jalil Benabdillah : L’association est née en 2009 à l’initiative de Georges Frêche, à l’époque président de la région Languedoc-Roussillon. L’objectif était de créer un réseau d’entreprises à la pointe de l’innovation et de la croissance, qui puisse faire rayonner la région à l’international mais aussi accueillir des décideurs intéressés par une implantation locale. En échange, la Région s’est engagée à soutenir le réseau dans son développement, et à financer 50 % de notre budget.

Depuis 2016, nous travaillons sur ce même schéma à l’échelle de l’Occitanie. Nous sommes une association transversale – pour ne pas entrer en concurrence avec les filières — basée sur l’échange d’expertises entre pairs autour d’objectifs communs tels que l’innovation, la croissance, et la responsabilité sociétale. Nous comptons aujourd’hui 235 adhérents, encore majoritairement situés dans l’Est de la région Occitanie.

Quelle est votre activité dans l’ancienne Midi-Pyrénées ?

J. B. : De façon générale, notre démarche ces dernières années a été de se rapprocher des territoires, avec la création de sept antennes locales. À Albi, nous nous sommes appuyés sur un réseau existant, Ecoter, qui voulait se structurer et passer un cap en termes de visibilité et de communication. Sur Toulouse, ville très riche en réseaux, notre présence reste limitée à une quinzaine d’adhérents. Mais nous entendons dynamiser notre présence en ciblant les PME-PMI à fort potentiel, à la recherche d’outils pour leurs projets de croissance.

Vous venez justement d’annoncer la création de deux accélérateurs. Quel sera leur positionnement ?

J. B. : Le premier dispositif, modélisé sur un programme Bpifrance, s’adresse aux PME-PMI structurées, réalisant plus de 3 M€ de CA. L’accompagnement s’étale sur une année, après un audit précis de l’entreprise : ses marchés, son bilan, ses besoins de formation… L’objectif est de donner les outils au dirigeant pour structurer sa gouvernance et définir ses leviers de croissance. Une première promotion de 30 personnes est lancée en janvier, avec des entreprises aux profils plutôt technologiques, et une seconde en mars ou avril. Le second accélérateur démarre en ce mois de novembre avec une quinzaine de TPE-TPI à fort potentiel de croissance, sur un programme plus court. Nous sommes encore dans une approche expérimentale sur ce programme, avec l’objectif d’identifier les points d’amélioration à l’issue de cette première promotion.

Votre association se montre également très active à l’international, avec la création en début d’année de Leader Maroc. Pourquoi ce pays ?

J. B. : Nous avançons en cohérence avec la politique de développement économique de la région. L’Occitanie compte cinq Maisons de la Région à l’international, à Casablanca, Bruxelles, Londres, Shanghai et New York.

Le Maroc est à deux heures de Toulouse, c’est aussi devenu un hub vers l’Afrique grâce aux accords commerciaux conclus avec de nombreux pays du continent. L’Occitanie est la seule région en Europe à disposer d’une présence permanente sur place, avec du personnel qualifié, des locaux, un soutien institutionnel… Pour capitaliser sur ces atouts, il faut que les entreprises elles-mêmes aient un ancrage : Leader Maroc a vocation à rapprocher les entreprises d’Occitanie présentes au Maroc, et les entreprises marocaines ayant des intérêts en Occitanie. En 2020, nous voulons dupliquer ce modèle aux États-Unis et en Asie.

Sur l’international, nous allons aussi lancer le dispositif Export Advisor qui sera une base de données recensant les positions de nos adhérents à l’international, leurs contacts d’affaires sur place, les locaux disponibles… Avec la possibilité de laisser des évaluations, ce qui évitera à des entreprises qui veulent se lancer à l’export de bénéficier d’une idée plus précise des opportunités. Beaucoup de PME renoncent à l’international faute de temps et d’argent : ce nouvel outil leur évitera d’essuyer les plâtres.

Quels sont les autres projets du réseau ?

J. B. : Nous travaillons à la création d’un fonds d’investissement pour répondre aux difficultés de financement de nos PME et PMI, en partenariat avec la SATT, dans le cadre d’un appel à projets européen.

Il y aurait une pertinence à soutenir des entreprises qui ne répondent pas forcément aux critères classiques des financeurs, mais présentent un fort potentiel de croissance. C’est un problème culturel dans notre pays : l’industrie ne fait pas rêver. Les fonds préfèrent spéculer sur le potentiel d’une application, qui irait conquérir d’un coup les marchés internationaux, plutôt que de soutenir des projets industriels ancrés sur les territoires, qui créent des emplois sur le long terme.

Notre ambition est de redonner des moyens à ceux qui produisent réellement.

 

 

Source : https://www.lejournaldesentreprises.com/toulouse/article/jalil-benabdillah-leader-occitanie-aider-les-pme-qui-veulent-partir-lexport-339441

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