1 octobre 2019 Commentaires fermés

Perpignan : des panneaux solaires au service des plantes

Des panneaux photovoltaïques qui fonctionnent comme des persiennes pour protéger la vigne / © Nicolas Chatail/FTV

 

Imaginez une parcelle de vignes à Tressère, proche de Perpignan, recouverte par des panneaux solaires. Rien de révolutionnaire ? Et pourtant c’est là qu’une expérimentation grandeur nature est menée pour lutter contre les effets néfastes du réchauffement climatique.

 

Cet été 2019, pour la première fois, des vignes ont grillé au soleil et des viticulteurs ont perdu une partie importante de leur récolte. Alors les agriculteurs sont-ils condamnés à voir leur cultures disparaître et renoncer à leur activité sous l’effet du dérèglement climatique alors que nous avons besoin de toujours plus de surface agricole pour répondre aux besoins alimentaires ? Antoine Nogier est chercheur. Il a conçu une technologie unique avec une cinquantaine de collègues issus du privé et du public. Elle s’appelle l’agrivoltaïsme.

 

Le principe est simple. Ces panneaux photovoltaïques installés à 4m50 de hauteur fonctionnent comme des persiennes. Ils fournissent de l’ombre ou de la lumière en fonction des besoins des plantes. Car quand elles sont exposées excessivement au soleil elles transpirent beaucoup et des brûlures vont apparaître sur les fruits.  Ce démonstrateur issu du programme de recherche SunAgri permet de protéger la vigne des effets néfastes du climat. On optimise ainsi le bien être des plantes.

Cela fonctionne avec un système d’intelligence artificielle. La position des panneaux est déterminée grâce à des algorythmes et à des capteurs. Ils mesurent en temps réel la température, l’humidité, le vent ou encore le flux de sève. Cela permet d’adapter la quantité d’ombre et de soleil dont la plante a besoin. 

Des avantages non négligeables
 

«Ce système améliore les rendements de la vigne. Car quand la plante se défend des excès de la météo, elle dépense beaucoup d’énergie qu’elle ne consacre pas à la production agricole. Et la plante produit plus avec moins d’eau car on limite le stress hydrique et thermique. On économise environ 20% d’eau. C’est énorme !» explique Antoine Nogier.
 

Les rendements sont très bas car nous avons un sol très pauvre. Il est nécessaire de protéger notre vigne (Antoinde Nogier)

Pour le viticulteur qui a mis à disposition sa parcelle de jeunes vignes il y a un an pour ce test, ses attentes sont nombreuses.
«Dans notre département les rendements sont très bas car nous avons un sol très pauvre. Il est nécessaire de protéger notre vigne. J’espère grâce à cette technologie améliorer la qualité du raisin et avoir un meilleur vin. Quand vous avez un beau raisin à la vendange la partie est gagnée à 95%.

Si vous avez du raisin qui a brûlé ou des coups de soleil tous les oligo éléments sont éliminés et la fermentation est compliquée» raconte Pierre Escudié.

 

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Là chaque rangée reçoit un nombre d’heure d’ombre, environ 4 à 5h par jour. Cela permet d’avoir en plus une maturité beaucoup plus lente. Le taux d’alcool diminue ainsi automatiquement.
 

Une technologie qui permet de répondre aux enjeux alimentaires de la planète

«Les changements climatiques menacent entre 10 et 20% de la production agricole mondiale quand il faut améliorer la production agricole mondiale d’un facteur de 60%. L’agrivoltaïsme a ça de merveilleux qu’il permet de faire la transition énergétique sans conflit d’usage car on produit de l’électricité renouvelable et rentable de façon abondante. Et ça il n’y a que cette technologie qui permet de la faire !» explique Antoine Nogier.

 

L’agrivoltaïsme ouvre une voie aussi novatrice que prometteuse pour répondre aux défis actuels : nourrir la planète et s’adapter aux changements globaux.

L’urgence climatique

Ce système est adaptable à n’importe quel type de culture mais pas toujours pertinent. Cette technologie cible les plantations concernées par l’urgence climatique, celles dont le soleil et le stress hydrique sont des ennemis.
 

« Ce système convient très bien pour les cultures du pourtour méditerranéen comme les pommiers, les poiriers, ou encore les abricotiers. Mais les cultures comme le maïs et le blé ne sont pas visées par cette technologie » (Antoine Nogier).

Développement commercial

Ce programme a été initié il y a 12 ans. Antoine Nogier presse aujourd’hui les autorités de réglementer la mise en place de ce système.

Car il craint que les producteurs d’électricité ne soient tentés d’utiliser des parcelles agricoles pour produire de l’énergie au détriment de la plante.

Car si l’on suit le soleil tout le temps on dégrade la production agricole. Il faut donc mettre en place des règles vertueuses pour ne pas dévoyer le système.

 

 

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr

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